Mathias Benguigui et Agathe Kalfas, les chants de l’Asphodèle

C’est l’une des principales portes d’entrée des migrants vers l’Europe: Lesbos. Depuis l’Antiquité, les vagues migratoires se succèdent sur ce bout de terre à la croisée des mondes, passage entre l’Orient et l’Occident, situé à 12 kilomètres de la Turquie.

Lesbos, île en plein naufrage

En 2015, l’île de Lesbos voit passer 400 000 personnes en un an. Mais l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie signé en mars 2016 changera la donne. Il vise à arrêter le flux venant des côtes turques et renvoyer les migrants pour lesquels la Turquie était considérée comme un “pays sûr”. Mais les arrivées ne cessent pas.

Début 2016, la solidarité n’est déjà plus qu’un lointain souvenir sur cette île où les pêcheurs venaient en aide aux embarcations de fortune chargées de migrants à la dérive, et où les grands-mères nominées pour le prix Nobel de la paix donnaient tendrement le biberon aux bébés migrants.

C’est à ce moment, sur cette île en plein naufrage, qu’Agathe Kalfas, auteure et Mathias Benguigui, photographe, débutent leur projet Les Chants de l’Asphodèle.

Les chants de l’Asphodèle

Un livre à quatre mains, réalisé entre 2016 et 2020, qui redonne une voix aux réfugiés et habitants de Lesbos en s’intéressant tant aux vies individuelles et aux destins collectifs qu’à l’histoire qui a façonné l’île. Les photographies se mêlent aux textes sensibles et poètiques qui expliquent, ou simplement donnent un prénom, un âge et relatent les récits, certains réels, d’autres imaginaires, des habitants de Lesbos.

En puisant dans l’histoire, Agathe et Mathias s’affranchissent de l’actualité pour créer une nouvelle temporalité des migrations et bouleverser nos perspectives sur le sujet. Avec délicatesse, ils redessinent les contours de l’île et de son identité pour nous rappeler sa beauté  singulière.

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