Le stock, un mal nécessaire pour les marques

Au début de l’année 2018, H&M, géant du fast-fashion s’est retrouvé avec 3,4 milliards d’euros d’invendus ou surstock autant d’argent immobilisée voire perdue pour l’entreprise sans parler du coût potentiel d’une destruction de marchandise. La mauvaise gestion de l’inventaire et une offre décevante ont poussées les consommateurs à se tourner vers d’autres acteurs du secteur. Résultat une chute de 63% du bénéfice d’exploitation entre janvier et mars.

En 2015 DynamicAction estimait que les ruptures de stock au travers le monde correspondaient à 600 milliards de pertes pour le secteur de la mode alors que les surstocks à 420 milliards.

Gérer son stock est vitale pour une marque. Le surplus de marchandise (surstock) entraine des coûts importants alors que le manque de marchandise (rupture de stock) conduit à une perte sèche de revenue et crée souvent de la frustration auprès du consommateur.

L’objectif est donc d’adresser la demande de la manière la plus juste possible le stock pouvant être considéré comme une anomalie coûteuse.

Quel est mon business model ?

La précommande permet de mieux ajuster la quantité en fonction de la demande mais à ses limites comme la disponibilité de stock en dehors des périodes de précommandes ou une réduction de la qualité de services. La question est donc de savoir si selon votre business model et vos avantages compétitifs constituer des stocks est nécessaires ou non.
Une marque doit satisfaire les besoins de ses clients et peut pour cela se différencier de la concurrence sur :
• Le prix (coûts)
• La qualité (conformité produit / perception clients)
• La rapidité de livraison
• Le respect du délai
• La flexibilité (capacité d’adaptation aux variations de la demande en diversité et en volume)
• La conception produit (technologie, gamme, variantes, options…)
• Le service après-vente
• L’image (entreprise ou produit)
L’enseigne qui sélectionne comme avantage la rapidité de livraison aura besoin d’un stock pour satisfaire ce type d’attente du consommateur.
De même, chaque fois qu’il est avéré qu’il existe une incertitude sur le délai d’obtention d’un produit, un stock de sécurité peut-être constitué pour palier, par exemple, aux retards éventuels des fournisseurs ou de la production.

Comprendre les enjeux de la gestion des stocks

Les stocks permettent à une entreprise de répondre aux besoins de ses clients dans un certain délai. Il est alors possible de livrer ses clients rapidement et ainsi augmenter le nombre de ses ventes. En revanche, les coûts liés à la gestion des stocks ne sont pas à négliger car ils peuvent s’avérer parfois plus importants que prévu : coût de manutention, coût de stockage, coût d’obsolescence, sans oublier l’immobilisation de trésorerie qu’engendrent les stocks.
Bien gérer ses stocks, c’est donc :
• Eviter des pertes de revenus en cas de rupture de stock
• Limiter les coûts en cas de surstock
L’impact de la valeur du stock – pour un article donné, elle est égale au prix de revient unitaire de l’article (approvisionné ou fabriqué) multiplié par le nombre d’articles en stock.
Le coût de stockage qui est égal aux coûts de surfaces + équipements + main d’œuvre + dépréciations + argent immobilise.
• Eviter des pertes de revenus en cas de rupture de stock
• Assurer une qualité de service auprès de sa clientèle
• Assurer une gestion saine du BFR de l’entreprise
Le BFR est une dimension essentielle pour toute entreprise et spécialement pour les marques de mode, secteur très consommatrice de cash. Il est primordial d’en comprendre le sens dans un souci de pérennité financière.

Qu’est que le BFR ?

Pour aller plus loin : Amélioration du BFR : optimisez les stocks pour une croissance durable !

Comment déterminer son niveau de stock ?

Après avoir défini si la constitution d’un stock ou non est pertinente comment dimensionner ce stock ? Il y a quatre dimensions à regarder : la taille de lot, le délai d’obtention, l’incertitude sur la demande et le taux de service visé.
La taille de lot est la quantité d’articles d’une référence particulière qui est produite à chaque fois qu’un besoin de réapprovisionnement du stock apparaît.
Combien de temps se passe-t-il entre le moment où l’on a détecté un besoin de réapprovisionnement de stock et le moment où le lot demandé est disponible dans le stock ?
Une prévision de ventes est, par définition, toujours soumise à une part d’incertitude : « les prévisions sont toujours fausses » – quand elles ne sont pas inexistantes !
Pour que la satisfaction du client soit réelle, le respect du délai quel que soit le temps alloué convenu doit être respecté.

Comment avoir une bonne gestion de stocks ?

La gestion des stocks concerne les branches d’activités qui peuvent représenter une charge d’immobilisation financière importante. Il y figure les stocks de matières premières comme les tissus, les stocks de produits semi-finis et finis. C’est-à-dire ceux en cours de production ou ceux prêt à être commercialisé ou encore le stock d’emballage – sac, papier de soie par exemple.

La première de choses à faire lorsque l’on veut améliorer la gestion de ses stocks est de travailler sur la traçabilité. Il faut pour cela collecter, organiser et centraliser les données qui concernent la gestion des stocks. Rien ne peut être fait si on ne connaît pas les caractéristiques de chaque stock les dates, les quantités, la nature des stocks et les prix. Ensuite en fonction de tout ce qui a été discuté jusqu’ici, il faut choisir la bonne méthode d’approvisionnement en prenant en compte les particularités du calendrier de la mode.

Le réapprovisionnement par quantité fixe qui consiste à définir un stock minimum qui déclenche une commande lorsqu’il est atteint. Pertinent dans le secteur de la mode à mon sens. La recommande à date et à quantité variable consiste elle à commander au fur et à mesure des besoins. Cela nécessite une bonne connaissance du processus et de l’activité ainsi qu’une bonne maîtrise des stocks. Il existe bien sûr d’autres types de réapprovisionnements non mentionnés ici.

Conclusion

Vous l’aurez compris gérer ses stocks est difficile. Autant plus dans le secteur de la mode où les prévisions de la demande sont difficiles à établir. Entre analyse et intuition il n’est pas toujours simple de prévoir les tendances. Il est donc important dans un souci de pérennité financière de s’interroger sur la quantité de stock à maintenir pour assurer un service de qualité tout en ayant une trésorerie saine.