Sara Bran, dentellière sur or.

Sara Bran, dentellière sur or comme elle se définit, est artiste artisane d’exception. Minutie et patience lui permettent de créer des bijoux qui rivalisent par leur finesse avec les dentelles textiles dont elle s’inspire. Sara collabore avec des maisons de luxe, comme Guerlain – pour qui elle crée en 2013 l’ha­billage d’une série limitée de flacons de parfum vintage, La Petite Robe Noire ou la Maison Piaget avec qui elle a réalisé deux pièces d’exception. 

Sara Bran, Papillon, 2014 © Yohann Deslandes
Deux papillons en dentelle dor et perles de Sara Bran

Sara Bran, peux-tu me parler de ton parcours, et ce qui t’as conduit à exercer ton métier d’aujourd’hui?

J’ai exercé la peinture et la sculpture sur pierre avant de me former aux techniques des métaux précieux. J’ai choisi la technique du repercé manuel ou découpe à la scie boc fil. J’ai mené des recherches sur les alliages d’or et les constructions jusqu’à arriver à développer un savoir-faire unique, celui de dentellière sur or. Quand je regarde derrière moi, de mes recherches en histoire de l’art et d’autres domaines, à aujourd’hui, je dirais que j’ai un parcours assez atypique, et en grande partie autodidacte.

Sara Bran, quand as-tu su que tu deviendrais dentellière sur or?

Tout a commencé un jour où j’ai cassé un petit élément de sculpture et l’idée m’est alors venue d’en faire un bijou : un pendentif. Satisfaite du résultat j’ai alors continué à réaliser des bijoux jusqu’à ce que m’on le demande de créer une collection complète.

Chemin faisant, quand peu à peu j’ai réalisé que je n’étais pas un bijoutier classique, ni un joaillier au sens propre, mais plus un designer et une artiste, avec un savoir-faire innovant et unique.

Bracelet montre métier d’art de Piaget dentelle or et diamant ©BérengèreTreussard2017
Bracelet montre métier d’art de Piaget dentelle or et diamant ©BérengèreTreussard2017

Entre dentellerie textile et joaillerie d’excellence, comment as-tu acquis ce savoir-faire unique en son genre?

Il est vrai qu’il faut s’armer de patience et faire preuve d’une grande précision pour réaliser ce travail de dentelle sur or. J’ai eu la chance d’être formée par les meilleurs artisans en France dont l’exigence m’a poussé à explorer des techniques et des designs toujours plus innovants. Après avoir rencontrée des ouvrières du textile je me suis rendu compte des similitudes entre nos travaux. A partir de là j’ai entrepris des recherches en musée, autant en France qu’en Europe sur le champ d’ornementation des dentelles textiles. Grâce à ces années de recherche et d’expérimentation, et à force de travail, j’ai pu créer ce savoir-faire de dentellière sur or.

Où trouves-tu l’inspiration?

Partout, l’inspiration me vient aussi bien de la nature que des villes ou les gens et les livres… dans les détails de tout cela.

Il y a dans ton travail beaucoup de réflexion sur les volumes, la lumière, l’espace pour ne citer que cela. La recherche semble jouer un rôle important dans la réalisation de tes pièces.  

Comment procèdes-tu? 

Je commence toujours par un dessin, une esquisse ou plusieurs, puis je l’affine jusqu’au dessin technique. Ensuite après quelques essais et prototypage, je réalise la pièce. J’avoue que parfois il y a des surprises pendant la fabrication, et de ce fait une part est laissée à l’improvisation.

Dentelle sur or Sara Bran ©BérengèreTreussard2017

Parmi toutes les pièces que tu as créées, laquelle a été la plus difficile à réaliser?

Je ne peux pas en citer juste une. Je m’attache à réaliser des défis techniques et de construction à chaque fois. Des volumes inédits, des exercices a priori impossibles!

 

Chacune de mes pièces est le fruit de beaucoup de recherche et de travail.  Le col point d’Alençon a par exemple demandé plusieurs centaines d’heures de travail ! Cette œuvre s’inspire des dentelles textiles d’Alençon assemblés avec des points et motifs que je dessine.