La BriQueTerie, une marque raffinée qui relie les cultures

Ce qui frappe dans les pièces de la BriQueTerie, ce sont ses influences de style diverse, de Tokyo à Yaoundé en passant par Paris, que tout opposent mais que Augustin son fondateur, orchestre avec une justesse étonnante. Entre l’élégance parisienne, les influences populaires de la Briqueterie, quartier de Yaoundé, et la rigueur nippone, Augustin Fouda Aligui livre des collections originales, colorées et très raffinées.

Quand as-tu su que tu deviendrais créateur de mode?

C’est quelque chose qui a toujours été latent, le vêtement m’a très tôt passionné. Je dirais que le déclic s’est fait par le biais du sportwear: des baskets aux crampons en passant par les maillots, les shorts, chaussettes etc…et je suis encore très friand de tout ce qui vient de cet univers-là.  

Le vêtement  permet d’être soi. Il permet d’affirmer sa différence et sa personnalité. S’habiller est au cœur de la société. C’est une manière de se présenter aux gens et de communiquer avec eux.

Quel est le concept de la BriQueTerie?

La BriQueTerie est une marque qui relie les cultures. C’est une silhouette créative dont les collections laissent la part belle aux détails. Nous fabriquons en Europe, à partir de tissus de qualité.

Paris, Tokyo et Yaoundé sont les principales sources d’inspirations qui nourrissent l’esthétique et l’esprit de la marque. Chaque pièce est comme un pont culturel entre ces villes, ces pays et surtout entre les gens d’où qu’ils soient.

Comment Paris Tokyo et Yaoundé inspirent ton travail?

Paris est la ville où j’habite et où je suis né. Mon rapport à la capitale française est quasi-fusionnelle. Elle est ma source d’inspiration principale. Sa grande diversité qu’il s’agissent des différentes populations, cultures et groupes sociaux en font une source d’inspiration unique et inépuisable.

Par ailleurs, je suis beaucoup allé au Japon et notamment à Tokyo. C’est la ville de mode la plus pointue qu’il m’ait été donné de visiter. Chaque voyage là-bas est l’occasion de se réinventer. Des looks, des associations différentes et originales; le tout avec la plus grandes expertises et un soucis du détail que l’on ne trouve nulle part ailleurs.

Yaoundé est liée aux origines camerounaises de ma famille et logiquement à une partie de la culture dans laquelle j’ai grandi. Ce qui me frappe le plus ce sont les attitudes, la manière dont les gens se tiennent, se parlent. Les expressions qu’ils emploient qui donnent lieu a de sacré fou-rires. Ce sont aussi des couleurs, des paysages urbains ou ruraux et une authenticité qui en font une source d’énergie intarissable.

Où sont fabriquées les pièces? D’où proviennent les matières? 

Les pièces sont majoritairement fabriquées en Europe de l’Est à l’exception de l’outerwear que je fais fabriquer en région parisienne. Pour ce qui est des tissus, ils viennent principalement d’Europe. Je travaille avec des compagnies basées en Angleterre, en Italie ou au Portugal…

De nos jours même si cela peut paraître évident, il est important de travailler au maximum en circuits-courts. L’impact de l’industrie textile sur notre environnement n’est plus à démontrer. Ainsi, il est donc de notre responsabilité de produire de manière plus responsable afin de minimiser notre impact.

Qu’est qui inspire les collections de la BriQueTerie?

L’inspiration vient de partout: d’une discussion, d’une silhouette aperçue dans la rue, d’un personnage de film, de dessin animé, de la nature ou même d’un rêve.

Je pense souvent à l’hiver quand je dessine l’été et inversement. C’est un processus continu qui ne s’arrêtent pas à la fin d’une saison et commence au début d’une autre. Au-delà des collections, c’est La BriQueTerie en tant qu’entité qui est inspirée et se nourrit d’idée de toute sortes. J’ai récemment regardé The Last Dance, documentaire sur les Chicago Bulls de Michael Jordan, que j’ai trouvé très inspirant. Il montre très bien ce qu’il faut être prêt à endurer pour atteindre des objectifs d’excellence quelque soit le domaine dans lequel on évolue.

Rei Kawakubo, fondatrice de Comme des garçons, est en terme de business mode mon inspiration n°1. Qu’elle soit parvenue à un tel développement en restant indépendante force le respect. Elle montre que faire grandir une marque de mode en gardant ses convictions est possible.

La musique est pour moi au même niveau que les besoins vitaux. J’en écoute tous les jours pendant plusieurs heures. Si je devais identifier un genre en particulier, je dirai le rap car j’en ai toujours écouté. C’est la musique qui tient le discours qui me touche le plus: ne pas lâcher, croire en soi, en ses objectifs. Le rap m’a permis plus d’une fois de rester motivé et de fournir cet effort supplémentaire qui vous permet de passer un cap.

Découvrir plus d’articles