Karitt, connectez-vous avec vos acheteurs!

 

Quel est ton parcours?

J’ai obtenu un BBA en business international à l’université catholique de Leuven en Belgique et j’ai suivi un MBA à l’IFA à Paris. A la suite de cela j’ai travaillé pour Meet the buyer et en tant que directeur des ventes pour deux showrooms. Forte de ses expériences, j’ai peu à peu eu envie de créer mon agence à l’image de mes valeurs et ma vision de la mode. De là, l’agence KARITT est née.

Pourquoi avoir créé ton agence?

J’ai créé l’agence avec mon associé Karim suite à un constat simple. Lorsque les acheteurs viennent dans les villes de la mode comme Paris, New York, Milan ou Londres, ils ont prévu à l’avance les showrooms qu’ils visiteront et les marques sur lesquelles ils souhaitent porter leur attention. Cependant il y a un gap avec la manière dont travaillent les showrooms et les créateurs. Ils mettent tous leurs efforts pendant la fashion week alors que cela se joue souvent avant. Ils existent un grand nombre de showrooms à paris. Parfois les showrooms demandent plusieurs milliers d’euros sans garantie de retour sur investissement. Il est donc important de bien étudier les showrooms avant de s’engager. Comprendre leurs méthodes, leurs réseaux aussi. C’est pour cela que nous avons créé l’agence, combler ce gap.

De plus, il était important pour moi de travailler différemment, selon mes valeurs : avec plus d’humanité et de transparence, pour une mode plus éthique.

Qu’est que le Smarketing et le social selling ?

Nous vivons dans un monde digital où les professionnels de la mode sont constamment sollicités par des clients et de nouvelles marques. L’acheteur a évolué. Il répond au code et pratique du digital. Il est connecté, mobile et très informé. De ce fait la plupart se font leur idée sur les marques qui les intéressent en amont des événements majeurs.

Le Smarketing c’est l’alignement entre l’effort de vente et l’effort marketing. Le social selling y joue un rôle essentiel dans le but d’augmenter l’awareness et la considération des marques au travers des réseaux sociaux. L’objectif étant de préparer les acheteurs pour faciliter le travail de vente pendant la fashion week par exemple.

Quels sont les ingrédients?

Il y a deux dimensions à considérer : le marketing et la vente. Nous avons une approche orientée réseaux sociaux. Nous privilégions Instagram d’une part et Linkedin d’autre part. Il est important que la marque ait une communauté forte pas forcément grande mais engagée sur les réseaux, en particulier Instagram.

Ensuite, il faut faire parler de votre marque: blogger, youtuber, influenceur ou magazines. Il ne faut pas nécessairement viser les influenceurs renommés et magazines reconnus au départ. En commençant avec des plus petits influenceurs vous faite parler de vous sans grande contrepartie car l’influencer doit aussi se développer.

Les gens parlent de votre marque, c’est le moment d’en parler aux acheteurs. Nous créons une relation avec les acheteurs sur le long terme pour qu’ils soient plus disposés à nous écouter lorsque nous mettons en avant nos marques. Cette démarche commence souvent environ 5 mois avant la fashion week. Nous créons une relation personnalisée. On s’intéresse à l’acheteur avant tout pour être sûr que les marques que l’on lui montre sont en accord avec ses goûts et ses valeurs mais aussi alignées avec la stratégie de l’enseigne pour laquelle il travaille. L’idée n’est pas simplement de pousser des marques mais aussi d’avoir de vraies discussions autour de la mode afin de voir comment nos marques s’inscrivent dans leur vision. Comment s’y prendre pour approcher les acheteurs?

Des exemples où cela a marché ?

Je peux vous parler de Fausto Puglisi. Prisée aux Etats-Unis ou en Italie, la marque cherche à se faire une place en France. Notre approche a permis d’obtenir des rendez-vous avec grands magasins à Paris comme les Galeries Lafayettes et les boutiques/ concept stores du moment.

Ou encore notre méthode a permis à Antwerp Avenue de rentrer en contact avec des grands magasins en Italie ou Citadium à Paris où des négociations sont en cours.

Quelles sont les erreurs fréquentes que les jeunes créateurs font?

Je dirais que les erreurs communes sont de ne pas être dans le bon showroom. Trop souvent, la line sheet et le lookbook sont négligés et prêt trop tard, au moment de la fashion week alors qu’ils pourraient être communiqué avant. Le manque d’informations claires dans ces documents pose aussi souvent des problèmes pour faciliter des prises de décisions de l’acheteur.

L’absence d’une stratégie de communication et de promotion claire pour faire connaitre sa marque et la dernière chose que me vient à l’esprit.

La prochaine étape pour l’agence?

Nous venons de lancer « The Karitt store ».  A la manière de Moda Operandi nous souhaitons faciliter le route to market des créateurs notamment en leur permettant de mieux gérer leur cashflow avec un modèle de production à la commande. Nous faisons cela pour des créateurs émergents avec une remise de 20% versus le prix retail. L’objectif c’est aussi une mode plus écologique en limitant les risques de stocks voire destruction.

Site: KARITT

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